Les premiers tours de bobine du cinéma interactif
Par Nathalie Hamou, à Tel-Aviv
Un thriller à scénarios multiples permet au spectateur d’intervenir sur le cours de l’intrigue.
Le nec plus ultra de l’expérience cinématographique. Voilà ce que promet le chercheur israélien Nitzan Ben-Shaul, 53 ans, qui a réalisé le premier long-métrage à scénarios multiples entièrement interactif. Parrainé à hauteur de 45 000 euros par l’université de Tel-Aviv, ce thriller – intitulé Turbulence – a reçu le prix de la Meilleure Fiction expérimentale lors du dernier festival du film et de la vidéo de Berkeley, en Californie. Grâce à une technologie inédite, le spectateur des salles obscures peut intervenir en temps réel sur le cours de l’histoire, à des moments clefs de l’intrigue. Comment ? Grâce à une manette de contrôle qui permet au public de voter électroniquement. Après la niche du cinéma en 3D, ce format est-il de nature à intéresser les studios hollywoodiens ? « Le film interactif à choix multiples peut révolutionner la façon dont les gens consomment les médias et la publicité, car il décuple l’attention du spectateur », assure Nitzan Ben-Shaul, qui voit dans les écrans tactiles, façon iPad, la rampe de lancement idéale de ces nouveaux contenus. Reste que le chercheur de Tel-Aviv ne veut pas cantonner sa start-up à l’univers du divertissement. « Le champ d’application de ce procédé est infini », remarque-t-il.





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